Le standard en IP ou Internet Protocol va bientôt basculer d’IPv4 en IPv6. Comprenez la différence entre ces deux termes et découvrez les avantages de l’IPv6.

Comprendre ce qu’est l’IP et l’IPv4

Avant toute chose, il est important de comprendre le système qui régit le transfert de paquets de données sur Internet. Une adresse fixe est attribuée à chaque ordinateur relié au réseau Internet. Pour comparer avec une lettre envoyée à la poste, chaque ordinateur est donc l’équivalent d’une maison, pourvue d’une adresse fixe avec une certaine logique de segmentation (pays, ville, quartier rue…). Sur Internet, cette adresse fixe est l’IP ou Internet Protocol et elle se présente sous cette forme : 196.157.73.92 (un exemple pris au hasard). Ce standard est alors appelé IPv4, et il existe depuis 1974.

Ainsi, lors de l’envoi d’un paquet de données, l’IP du destinataire et celui de l’expéditeur doivent être mentionnés. Ces IP sont accompagnés d’un certain nombre d’informations, regroupé dans un autre protocole qu’on appelle TCP ou Transmission Control Protocol qui définit entre autre les ports utilisés sur les deux ordinateurs concernés et les informations sur le paquet (nombre de segments puisque celui-ci est forcément découpé en plusieurs segments, informations de découpages pour pouvoir l’assembler à l’arrivée…). Ce protocole vérifie aussi si le destinataire est prêt à recevoir le message et si les segments sont tous arrivés en les redemandant si ce n’est pas le cas. Et enfin, ce protocole se charge de mettre fin à la communication lorsque l’envoi est achevé correctement.

Comprendre ce qu’est l’IPv6

IPv6 qui signifie « Internet Protocol version 6 » a été introduit par l’IETF (Internet Engineering Task Force) et il est basé sur la couche réseau (Layer 3) du modèle OSI. Pour un aperçu rapide de la différence entre l’IPv4 et l’IPv6, il suffit de comparer ces deux adresses IP :

  • IPv4 : 196.157.73.92
  • IPv6 : 2001:0db8:0000:0000:0210:24ff:ac1f:8001

La différence la plus évidente est l’utilisation d’une chaîne de caractères bien plus longue (deux fois plus longue). Puis, nous remarquons aussi l’apparition des lettres résultent de l’introduction de la base hexadécimale. Plus concrètement, l’IPv4 est codé sur 32 bits tandis que l’IPv6 permet des adresses de 128 bits basées sur une écriture hexadécimale. À titre de comparaison, l’adressage IPv4 permet de créer environ 4,3 milliards d‘adresses tandis que l’IPv6 peut atteindre jusqu’à plus de 340 sextillions d’adresses (1 sextillion comporte 36 zéros). Ce nouveau système répond ainsi parfaitement à une demande croissante d’adresse IP dans le monde entier. En effet, le nombre d’appareils connectés à Internet augmentera de manière significative dans les prochaines années.

Une adresse IPv6 comporte exactement 39 caractères, dont 8 blocs de 4 caractères séparés par des points-virgules. Il est cependant possible de réduire cette longueur par la suppression de 0 avant les autres chiffres pour chaque bloc et par la concaténation des valeurs nulles qui se suivent. Ainsi, l’adresse IPv6 suivant :

2001:0db8:0000:0000:0210:24ff:ac1f:8001

devient :

 2001:db8::210:24ff:ac1f:8001

Le principe de bout en bout

L’agrandissement de la plage d’adressage d’IP a aussi permis un grand changement dans la communication sur Internet : celui de permettre à chaque appareil donné connecté à un réseau d’avoir sa propre adresse IP. Elle est générée manuellement ou sur la base de l’adresse MAC de la carte réseau de l’appareil. Chaque appareil utilisé sur Internet possède en effet une adresse MAC pour Media Access Protocol et elle est unique. Constituée d’une séquence de 6 blocs de deux chiffres hexadécimaux, séparés par des points-virgules, l’adresse MAC est définie, soit par le constructeur de l’appareil, soit par l’administrateur réseau (assez rare et non recommandé).

Le principe de bout en bout consiste à profiter de l’intelligence et de la force de calcul des appareils connectés au réseau, plutôt que de rendre le réseau intelligent et encombrer ainsi son moteur avec des opérations complexes. À titre d’exemple, dans un cas de chiffrement de bout en bout, les données seront cryptées par l’ordinateur qui envoi et déchiffre directement par l’ordinateur qui reçoit. Il en résulte une augmentation considérable de la sécurité des données, si de nos jours ces opérations sont encore réalisées par des serveurs centraux de part et d’autre. Le réseau ne servirait dans ce cas que de relais de transfert.

Les autres avantages de l’IPv6

Outre le volet sécurité, l’IPv6 offre d’autres avantages. Nous pouvons par exemple citer la simplification des différentes topologies de réseau et des en-têtes de paquet, ainsi que le transfert des informations optionnelles pour un routage plus rapide.

Toutefois, l’adressage IPv6 pourrait être utilisé pour dresser un profil de comportement d’un internaute, ce qui serait contraire aux éthiques de confidentialité. Ce dernier point devrait faire l’objet de grandes réflexions de la part des autres organismes concernés.